18/06/2007

Les aventures de la France : Otaries

Pour en finir une bonne fois

avec les otaries

 

            J’ai les nerfs.

Hier pour distraire mon Chonchon, je l’ai emmené voté. Ce n’est pas l’usage. En principe, elle sort très peu, sinon, j’uis pète la gueule. C’est une femme à l’ancienne qui va le long des murs, toujours vêtue de noir des cuissardes au châle, ce qui donne à croire aux voisins que je suis de la mafia.

C’est très pratique pour faire du bruit après 22 heure.

Vous ai-je précisé que cette catholique romaine s’est récemment convertie au Modem ?

Au début, bien sûr, c’était surtout pour coucher avec François Bayrou, mais depuis qu’elle s’est éveillée à la conscience politique, les choses ont évolué et c’est désormais de Jean-Marie Cavada dont elle espère trouver le centre.

Afin de partager sa foi et me faire une idée du genre de cocos avec lesquels on communie en s’embrassant fraternellement pour commencer la soirée, j’ai moi-même adhéré.

Me voilà « En carte » Comme on dit à l’Institue de Géographie Nationale. ( Les bordels sont fermés )

Enfin, « En carte » dès que le Modem aura fini de les imprimer, c'est-à-dire quand il aura trouvé les sous pour régler l’imprimerie et les frais postaux, ce qui laisse un répit à notre virginité.

On va pas épiloguer sur des résultats électoraux dont d’autres crémeux vont vous purée-de-marroniser les esgourdes d’ici ce soir, mais le ronchon a néanmoins le devoir de ne pas bouder son plaisir en se félicitant d’un choix électoral judicieux :

Nous espérions UN député, nous en auront QUATRE

Je pense qu’un résultat QUATRE CENT POUR CENT supérieur à nos pronostics les plus fous se passe de commentaires.

La « Palette » est moins bleu, comme aime à le souligner d’autres cons. De toute façon, ce n’est pas grave, la palette, c’est meilleur un peu cuit.

Alors pourquoi ce faciès de constipé chronique et cette acrimonie à fleur de sel de propos que la lectrice attentive à mes changements d’humeur ne manquera pas de constater aux vues de ces lignes ?

Et bien, figurez-vous, ça a commencé l’autre jeudi d’entre deux tours. « les Experts » menaçaient sur TF1 et nous avions subséquemment décidé de nous rendre à l’invite d’un mail du parti.

Il faisait un temps radieux et nous étions dans une disposition d’esprit adéquate

à bord de notre cabriolet fouetté  par les embruns des HLM limitrophes de l’autoroute A4 ou s’entassent les « R »émistes qui aiment à regarder passer les riches les soirs d’été. Nous avons

empruntez la bretelle « Joinville » pour gagner au plus vite le gymnase Japy du XIème arrondissement de Paris, encore que la plupart des habitants de Saint-Colomban-des-Villards

(Savoie) se branlent de sa situation géographique. Le prétexte en était la réunion des futurs éligibles écrabouillés de la capitale qui tenaient à s’en vanter devant tout le monde tandis qu’il en était encore temps.

            Chombert chantait « L’Internationale » à tue-tête car c’est la seule chanson politique que son papa, ancien proche collaborateur de l’obergruppenfuhrer Oberg, lui ait appris à la libération afin de faciliter la réinsertion de la famille dans le logement attribué à La Courneuve, à portée de peloton du podium de la « Fête de l’Huma »

            Notons à ce propos que la « Marseillaise » et « L’Internationale » se partagent sans concurrence le hit-parade des meuglements partisans depuis la fin des Bourbons aux affaires, sans que Didier Barbelivien ou Elton John ( Like a candle in the isoloir ) ne s’en soient autrement émus jusqu’à présent.

            La-la-li, la-la-la, la-la-lère …

            L’orange était exposée au balcon et je ne parle pas QUE du Wonderbra de Chombert qui s’était mis en dimanche pour son bébé Bayrou mais avec des écrases-merdes confortables dans la perspective d’une cohue qui se révéla en définitive aussi lâche qu’un directeur de l’info du « Journal du dimanche » Il y avait plus de trous que de cohue dans l’assemblée mais c’était prévisible et ce n’est donc pas cela qui fâche.

Chaque candidat y alla ( est grand ) de sa mélopée superfétatoire sur le thème rabattu des « Nous autres » salués par les « HouoouoououaiaiaiaiAIS !!! » du carré d’irréductibles Modemaux ( Des mots ! Des mots ! (1) présent tandis que selon l’usage les « Eux » étaient ponctués par d’immémoriaux « Hououououououououououououou !!!!! » comme on doit s’y attendre, me feront valoir les petits malins qui connaissent leur sujet.

Evidemment la ( Assez longuette ) partition de Bayrou à la finale ne fit qu’empirer la mélopée de balançoire, on le devine sans peine.

« HouoouoououaiaiaiaiAIS !!! » …

« Hououououououououououououou !!!!! » …

            « HouoouoououaiaiaiaiAIS !!! » …

            Avec applaudissements frénétiques des battoirs de l’aréopage d’otaries extatiques en attente de « Sardines surprises », toujours partant pour casser du « Autre » et encensé du « Nous » sur l’air connu de la xénophobie foncière à l’égard de ce qui est supposé hors du « Cercle », de la « fraternelle », du « Groupe », de la « Bande de cons », tu rayes comme tu le sens.

Bayrou ne trouvera jamais le courage de corriger sa très modeste base. On ne saurait l’en blâmer dans ce contexte de fragilisation extrême.

Et pourtant, merde, j’ai les nerfs !

Bayrou, même si c’est par calcul politique ( Aucune importance ) a fait preuve de COURAGE en cette affaire. Ce courage de défendre une idée nouvelle qui ne couve sous rien du tout ( Arrêtez vos conneries ! Vous êtes vraiment des enfants ! ) l’a conduit à rassembler 8 MILLIONS d’autres crétins que moi, épuisés par la vacuité d’un clivage gauche/droite ( Ou droite/gauche … Ca va Cécilia ? On se voit toujours mercredi, pendant le conseil ? ) dont le sens s’est DEFINITIVEMENT perdu AVANT l’orée du siècle.

Par curiosité, vous en connaissez beaucoup, vous, de gens qui soient a priori contre le gazon et les salariés correctement rémunérés ?

Ce clivage bidon maintenu sous perfusion de baratin n’a d’autre ambition en réalité que de permettre aux croûtons politico-médiatico-businessistes qui en vivent sans heurts entre gens de bonne compagnie de continuer à faire semblant de maîtriser quelque chose ( 30 ans de chômage endémique ! Juste CA ! Pour mémoire ) et d’être au parfum ( d’oseille ) en masquant le contexte totalement largué ( la mondialisation des systèmes, la diffusion non contrôlée de l’info, les conséquences non maîtrisées d’une bientôt immense population de vieux pétants de santé, le basculement du pouvoir économique vers des états émergeants, etc.) dans lequel ils pataugent tous bords du marigot confondus mais en restant « Classe », et c’est bien l’essentiel pour qui préfère traîner sur les plateaux « Télé » plutôt qu’aux Assedic.

Donc, basta avec ces foutaises et va pour le Modem du moment que …

Seulement, Y’a un hic.

J’ai fini de m’en convaincre dimanche dans la maternelle lugubre ou aime à se suicider les enfants en ingérant de la pâte à modeler quand nous ne sommes pas conviés à y voter ( Songez qu’il n’y avait même pas de « Buffet campagnard gratuit » et que l’on ne distinguait qu’à grand peine la culotte de l’assesseuse depuis le rideau de l’isoloir pourtant judicieusement entr’ouvert à cet effet ) Je vous passe l’anecdote. D’abord, je viens de l’inventer, et en plus, elle est de même nature que la précédente.

            Bêtement partisane, je veux dire.

C’est que huit millions de votants n’y font rien : la « base » aime meugler aux changements ET aux bonnes vieilles recettes. Faut surtout pas dire à ce propos que c’est des cons de militants qui aiment surtout meugler, ça se fait pas du tout, ça. Cependant, tout à fait entre nous, ce sont bel et bien des cons de militants quand même. Ceux-ci valent ceux-là, les foules n’ont qu’un seul visage : celui de la haine partisane, joyeuse, partagée pourvu que le nègre y soit bien juif, un peu PD et bougnoule sur les bords, gonzesse, d’un autre bord, mauvais genre, zarbi, une autre odeur, pas de chez nous, pense pas pareil, qu’est-ce que c’est, qui c’est celui là, qu’est ce qu’il a, ça se passera pas comme ça ( Merci Vassiliu ) etc., etc.

Misère.

Le premier devoir des RESPONSABLES, largement au-delà du Modem, VOTRE premier devoir, on va dire, TON premier devoir si t’as le sentiment de partager le mien, c’est d’inculquer autour de TOI l’idée CRITIQUE et CONSTRCTIVE suivant laquelle la politique, ça doit désormais consister à chercher le meilleur équilibre possible entre ce qui est bon pour tous et ce qui est bon pour chacun PARTOUT ou des femmes et des hommes cherchent des solutions dans ce sens, en se foutant des détails d’étiquette.

Ca veut dire dans l’immédiat et par exemple de soutenir sans barguigner Nicolas Sarkozy et ses camarades chaque fois que nous aurons en conscience le sentiment qu’ils tentent un truc qui respecte cette pensée et les combattre chaque fois qu’il en ira différemment. Ca veut dire qu’il faut maintenir cette attitude « Critique constructive » en essayant loyalement de participer, d’agir et d’améliorer chaque effort dans ce sens d’où qu’il vienne et combattre à merci ce qui déraille, déconne et va de travers, quand bien même cela viendrait de notre propre camp.

Il n’y a pas, il n’y a plus d’autre camp que celui du bon sens, de la modestie, du « On va essayer » et du « Faut y arriver »  face à un siècle dont la complexité ne fait probablement que de commencer et qui échappe globalement à tous et ceci plus que probablement définitivement.

Faut vous réveiller, les garçons et les filles du centre, si vous ne voulez pas ressembler comme deux gouttes de ce que tu voudras qui se ressemble aux connards même que vous entendez, non pas COMBATTRE, c’est pas l’idée, mais GAGNER, CONVAINCRE, ce qui est une autre paire de … Tiens, devinez quoi …

 

Pépère

 

 

(1)   Merci à Chombert pour cet extraordinaire jeu de mots qui devrait finir de me discréditer auprès du comité de rédaction de l’Almanach Vermot dont je briguais le secrétariat perpétuel.

 

 

17:25 Écrit par non mais sans blog dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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