16/05/2007

Les aventures de la France : Marianne et Cécilia

                                           Marianne et Cécilia

 

            Deux points au moins qui n’auront pas échappé durant la retransmission du match Chirac/Sarkozy qui aura tenu la France monarchiste en haleine durant la journée de couronnement.

            Je boude pas :

Je suis snobé à mort par les uniformes rutilants des larbins militaires ou huissiers, les bourrins blancs de robe, le petit prince qui joue avec le collier de papa, la 605 « Landaulet », c’est comme cela que l’on doit dire de cette berline découverte, mais le jeune con qui lisait sa fiche et en attribuait justement la carrosserie à Chapon ( Un français ) ne le savait pas. J’adore les bagnoles et ma meuf qui elle, adore les couronnements, vous savez comment sont les « meufs », ce qui m’a permis de mater sans me déshonorer en ponctuant d’un commentaire sarcastique pour sauver mon indépendance d’esprit et un vieux fond d’imbécillité.

Le premier point est le plus touchant.

J’imagine que les lavettes bien informées du premier cercle de presse se gausseront de ma naïveté. Ceux-là savent tout de la chose mais se garderont de t’en livrer une once au prétexte que la lâcheté journalistique nationale ne doit pas être remise en cause un jour comme aujourd’hui. Faut donner des gages au nouveau maître si on entend être en cours pour le quinquennat.

Il était ému, le Petit, et touchant. Je crois pas qu’il déconnait pour les caméras. Il a … Putain ! Il a bossé pour en arriver là. La France. L’ivresse d’être en HAUT. Rien, plus rien au-dessus. Et tout ce vide … t’as intérêt à avoir quelqu’un pour te tenir la main.

Et là, ça n’allait plus du tout.

Je crois, mais ça n’engage que moi, je crois qu’il avait envie de pleurer AUSSI pour ça, Nicolas. Il cherchait le regard de sa meuf à lui, parce que quand t’es arrivé là, il te faut une meuf pour te regarder faire l’homme. Tu peux le comprendre, ça …

Et Cécilia, non.

Ca se voyait comme un peigne au milieu du chariot à desserts :

Le boxon qui déchire le cœur entre ces deux-là. Les tractations laborieuses des émissaires parce que la raison d’Etat. Déconne pas Cécilia : Je peux pas me pointer avec une poule en robe neuve ou pire, en célibataire. Ca se fait pas. On arrangera nos vies. Bien d’autres puissants l’ont fait avant nous. Je te promets. Je jure. Tu sais quoi ? Plus tard, peut être, tu te barreras par l’escalier de derrière l’Elysée, sur la pointe des pieds, tandis que j’annoncerai patati, patata … Tu sais que je sais le faire, ça. Mais là, je t’en prie, tu peux pas me faire un coup pareil !

Alors bon.

Elle est intéressante cette cousine qui se fout de recevoir la France et le pouvoir qui s’y attache de son amoureux. Parce que CA, ça se voit comme les larmes qui te brouillent la vue quand elles s’en vont. Il pipeaute, le Nicolas. Il invoque la raison d’Etat pour ne pas dire « T’en vas pas » comme le petit garçon que nous sommes à ce moment-là. Ca le rend étrangement humain, justement, cette évidente banalité. Y’a eu une scène terrible que j’invite ceux qui ont enregistré le machin a visionner.

Ils sont dans je ne sais quel salon et la partie « Officielle » des tralalas est terminée pour le moment. Y’a la tribu Sarkozy et consorts en rang et le petit grand homme effleure la joue de sa femme comme on le fait des gens qu’on aime. Qu’on aime vraiment, je veux dire.

La glace de cet instant.

Sa femme détourne légèrement la tête pour ne pas avoir à croiser son regard et lui échapper QUAND MEME.

Pour dire « We have a deal » et fous-moi la paix !

La glace.

Il m’a semblé, mais je me trompe peut être, que Nicolas ne pleurait pas que son destin, ce matin-là.

L’autre point est plus détendu.

Ah donc, Sarkozy qui se révèle dégourdi mais nous l’en soupçonnions et le premier qui dit « Soupe à l’oignon » prend la porte, Sarkozy a réussi à nous faire croire, au moins pour cet instant, à un effort d’ouverture.

Bon.

Joli dans le principe. On s’incline et on ne boude toujours pas. On attend de voir.

Il n’en demeure pas moins que c’est de la bonne politique politicienne qui rappelle ce qu’en son temps François Mitterrand fit subir lui-même à la droite en soutenant objectivement l’extrême droite, foutant le bordel ainsi pour longtemps. Manquera sans doute au Petit Nicolas une extrême gauche crédible à … Disons 8% mais ce ne sera pas faute d’avoir essayé.

Plutôt adroit, sympathique et allez, de bonne guerre donc, puisque joignant l’utile à l’agréable en niquant au passage Bayrou ET les socialos, surtout eux, même, coincés quoiqu’en dise mielleusement le Président entre l’opportunité de se renier et celles de passer pour d’indécrottables vieux cons, ce dont ils n’avaient pas tant besoin ces jours-ci.

            Une sorte de démonstration a contrario, puisque évidemment, trouver des personnalités de gauche plus ragoûtantes qu’Eric Besson va de fait se révéler  en définitive plus coton que de trouver un exemplaire des « Mathématiques fractales pour les nuls » dans le bureau de Christian Estrosi.

On aura bien vu Max Gallo faire le galopin pour s’assurer un repas chaud et l’on chuchote très fort que Claude Allègre serait rempli d’… De joie à l’idée de rempiler dans les hussards de droite, mais même en comptant Kouchner comme « De gauche » et vaut mieux pas être dyslexique, le compte n’y est toujours pas pour le moment.

Tu sais quoi, au fond ?

Le « Centre » prôné par le Petit président me fait en somme moins penser à un rassemblement de toutes les bonnes volontés qu’à un centre commercial.

Bon : j’ai dit, on boude pas

 

Pépère. 

19:18 Écrit par non mais sans blog dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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