27/04/2007

Les aventures de la France ( Suite )

Demain, j’enlève le débat

 

            Ainsi donc de débat, mon fils, tu n’auras point. Point du tout. Enfin, c’est en tous cas le vœu pieu qui se formule dans les sphères. Et c’est au fond une sorte de bizarre compliment à rebours que l’on t’adresse confusément, un hommage à une intelligence que l’on te dénie mais dont on redoute enfin que tu ne sois pas totalement dépourvu. De la jugeote ? Du jugement ? Ben merde alors,  Y manquerait que ça !

            Ah ?

            Oui, c’est en somme te donner crédit d’être PEUT ETRE un peu moins con qu’il n’est d’usage de t’admettre. D’avoir des velléités de, des élans, allez, le mot est lâché : une pensée. Faut faire gaffe à ces trucs-là : une pensée. C’est QUE des emmerdes, ça.

            Mais alors, de débat ? On aura la cheftaine et le petit candidat, quand même … C’est pas rien.

            Si, justement, c’est que dalle. Enfin presque. Observons cela de plus près :

            Les « Présidentielles », c’est balisé, tu peux pas te planter. Des « primaires » pour faire les amerloques, tu sais comme ils nous complexent, des affiches que c’est vachement signifiant les couleurs qu’y a dessus, et youpi, une tournée des popotes audiovisuelles parce que c’est un kif de faire des télés, je te dis que ça ! Des meetings en province parce qu’il faut bien aller voir ce que les pue-la-sueur sentent sous les bras sans compter que ça fait l’occase de remplumer un peu le moral des ( élus ) régionaux de l’étape. Et puis c’est le panard de sauter d’un TGV à un jet privé en meuglant « Ch’uis crevé, j’en peu plus. Cette campagne me TUE ! » en balançant des horreurs sur les absents à l’intention des journalistes embarqués avec l’espoir de se voir cité dans la presse des jours suivants.

            Bon, On n’a pas ça tous les jours. C’est l’adrénaline. Normal. Faut profiter de l’éclate.

            Dans ce programme aussi surprenant donc que le règlement de la caisse de retraite des assujettis des professions non sédentaires du Val de Loire, il y a évidemment la figure imposée du « Débat d’entre deux tours »

            Audiovisuel le débat, note que tu vas oublier. Il est de bon ton de s’époumoner sur la démocratie aussi horizontale que ma femme avec le livreur de pizzas depuis que le « Net » haut débite, je vous en prie, mais ne t’y trompe pas. Si la révolution des tuyaux se prépare sans doute effectivement pour demain, aujourd’hui, cette putain de semaine d’avant le 6 mai, c’est à la TELE que ça se passe.

            Un débat télévisé. Tu sais ça, bien sûr. Cependant, pour mémoire :

Pas n’importe lequel, pas à n’importe quel moment. Entre les deux tours, donc. Suffisamment loin du premier pour laisser le temps d’en tirer les conséquences et de marteler le cochon d’électeur au cerveau, et le plus près possible du second vote, pas qu’il oublie ou qu’il change d’avis, ce con-là, mais tout de même assez loin pour laisser le temps matériel à la presse de se branler le manche en disséquant la bête à plaisir pour se donner l’air futé. C’est pas facile, la politique, comme métier. Et je te fais grâce des contraintes administratives et juridiques dans un pays ou faudra bientôt mettre ta ceinture et des patins « Antiglisse » sous tes groles pour aller pisser.

C’est organisé par  les « Grandes chaînes » dont l’histoire se paume dans la nuit hertzienne, question de standing, le vioque, ça fait toujours « Classe », et parce qu’elles disposent a priori d’une audience capable de choper par l’oreille l’électeur le plus reculé, j’ai dit « Reculé », tu te calmes, oui ? On choisit studio, décor, journalistes, esquimaux et boissons fraîches comme si ta vie en dépendait sans RIEN t’épargner de ces pointilleux préparatifs pour te montrer combien on est impartial et démocrate à fond la caisse, putain, la classe, c’est pas pour dire, mais faudrait être difficile !

Dans ce contexte d’une fraîcheur de bonbon « Glace », les deux cons qui ont passé les dernières heures à se branler jusqu’à plus soif ( Oups ! Oui, bon … ) sur ce qu’ils allaient mettre ( Pas qu’ils se retrouvent tous les deux avec la même robe : Tu vois la CRISE ! ?) parce que ça, c’est VACHEMENT important, coco, une moustache mal rasé et t’y es, tu te rends pas compte ! … Tu veux un café, Ségolène ? Bref, maquillage, la routine etc.

Bon. Le rouge

Ca va tenir à deux vannes écrites par d’autres mais que l’un d’entre eux seulement parviendra à placer pile poil en situation ( « ‘Tain ! … Il ( Elle) est bon (ne) quand même ! … »), un ascendant pris en un quart de seconde sur une émotion perceptible, une fleur d’humour bien éclose, une larme adroitement retenue … Les comédiens connaissent ça sur le bout des zygomatiques pour les plus cabots.

Le reste, le « Débat », de la zouille à moudre pour la presse et des petites piges pour les spécialistes les plus exotiques rameutés pour trouver « Un angle » un peu moins avarié, en d’autres termes quelque chose à dire sur rien.

J’exagère ?

Dis coco, des lascars qui n’ont que ça en tête depuis des ANNEES vont brusquement te déballer un argument neuf, MASSIF, à quatre jour de la liquidation ? T’y crois ? Ils n’ont peut être pas QUE tord de te prendre pour un con, à la finale.

Mais alors le débat, l’AUTRE débat, c’est « Poreil », si tu vas par-là

Non monsieur.

C’est le CONTRAIRE, justement. On nage en pleine improvisation. De l’inédit : Du carrément suspect. Pire : Ca a très peu de chances de changer la donne, mais UNE PETITE CHANCE QUAND MEME. C’est en tous cas encore trop pour Sarko qui estime, à juste titre sans doute, avoir l’élection en pogne et ne voit pas la nécessité de laisser une chance à Bayrou qu’il méprise de lui mette le Bronx dans sa salle à manger.

Humain. Avec le mal qu’il s’est donné ! C’est pas ça qu’on lui reproche d’ailleurs, au nain. On y reviendra.

Déjà, les DEUX, là … François et Ségo. Comment qu’ils nous la jouent MINABLES, sur ce coup ! …

Monsieur François, je vous accorde d’avoir saisi une opportunité sans doute, et de la mener maintenant avec un courage indiscutable. C’est déjà ça et c’est précisément ce qui me pousse dans vos bras, mais on reste correct, hein, y’a les enfants. Bon, c’est pas le sujet aujourd’hui. N’empêche, si vous n’aviez pas fait un score qui vous fout AUTANT dans la merde qu’il ne vous en sort ! …

Madame Royal, pour avoir un peu fréquenté l’arrière boutique socialo, je vous concède que « Faut se les farcir ! … Soupir », soit.

Mais quand même !

            Oublions les sujets qui fâchent et ont tant fâché et imaginons un instant que suivant un calendrier moins opportuniste mais plus novateur vous ayez l’un et l’autre commencé à flirter à l’automne dernier, par exemple. Longue négociation secrète, puis discrète, puis officieuse, puis officielle sur mains sujets avant de présenter sinon une plateforme,  à l’impossible nul n’est tenu, mais au moins un accord disons, allez « Démocratique » on s’en fout du nom, sur un « Projet pour la France en X points » à discuter au gré du calendrier parlementaire. A peu près au fond ce que vous voilà contraint de bidouiller dans le bordel complet, en somme.

            C’est qui, les rêveurs, les imprévoyants ? QUI est le CON de QUI, ici ?

            Croyez-vous, madame, monsieur, que ce débat, ces débats, n’eussent été plus faciles à organiser et autrement plus salutaires AVANT le premier tour, bien AVANT, lorsque vous préfériez échanger des noms d’oiseaux ou vous claquer les portes dans la gueule au gré des humeurs pitoyablement de circonstances de vos sous-lieutenants ?

            Croyez-vous madame, monsieur, que le temps s’est gâté pour vous tandis que nous eussions souhaités naguère le voir enfin mûr pour tous ?

             

Croyez-vous que Nicolas Sarkozy en serait ou il est si vous aviez fait hier de gré ce que vous vous proposez aujourd’hui d’accomplir de force ?

Croyez-vous, madame Royal, monsieur François, que vous en seriez là ? A chercher laborieusement une boutique pour causer sous le haut patronage fielleux de l’autre teigne. Celui-ci pour préparer les législatives et celle-là pour tenter de décrocher quand même l’improbable timbale ?

            Croyez-vous que le petit candidat serait en mesure de nous infliger la vulgarité déclarée des approximations métaphoriques de ces tronches communicantes à la mord-moi le poste.

            Je m’arrête un instant sur le « speak » Il vaut le coup de cidre.

            Le football !

            C’est tellement évident. Tellement méprisant. Ces cons-là, s’il y a un truc qu’ils comprennent c’est bien le football !

            Et PAS un peigne-cul de la presse galonnée pour noter l’approximation opportuniste lamentable du propos métaphorique de mes deux buts.

            C’est un détail, comme dirait JM Le Pen, mais dans un championnat, petit, RIEN, note, je n’ai pas dis le leader, je ne mets pas ta parole en doute, je dis RIEN, rien donc n’empêche la « finale » du second et du troisième de se jouer en public. Et puis petit bonhomme qui me prend pour une buse, au football, cette petite finale NE RISQUE PAS DE PORTER PREJUDICE A LA « GRANDE »

Et c’est bien CELA qui te fout les flubes, en réalité. La peur obscure de voir contre toute attente la Ségo et le Bayrou parvenir à un discours commun convaincant, même pas, juste assez déstabilisant  pour mettre le doute à quelques points de ton précieux électorat

            C’est CA qui te fout la pétoche, Toto. Putain ! Ca te tient à ce point-là ! ?

            Vas faire le Président.

            Nous, on va tâcher de faire la France et les Français.

            Madame Royal, monsieur Bayrou et toutes les autres bonnes volontés  sont à l’évidence les bienvenus et nous attendons à cet égard comme un geste révélateur du renouveau un accord aux législatives de nature à rendre le pouvoir démocratique à tous ceux auquel il appartient au-delà des semaines balisées du tapinage électoral.

            Je me console à cet élégant espoir.

 

            Pépère

           

           

 

17:50 Écrit par non mais sans blog dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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