17/05/2006

CANNES blanche

Yes I Cannes

 

« L’événement » du jour, c’est évidemment mon anniversaire.

De nombreux medias ont néanmoins préféré ouvrir sur l’ « Evènement » qui se tient aujourd’hui dans un petit port méditerranéen. Il est en effet d’usage dans les milieux limités de faire encore semblant de s’extasier au moins en public sur le « Festival de Cannes » ainsi « nominé » en raison de la forte concentration de gâteux avec ou sans pellicules qu’héberge ce petit port méditerranéen.

Pour ceux qui ont encore quelque chose à branler d’un machin désormais aussi glamoureux que Paris Hilton ( Qu’il ne faut pas confondre avec l’admirable Lulu de l’Hôtel à Raymond, rappelée à Dieu en pleine pipe ) le « Salon international des équipementiers du bâtiment » de Plovdiv ( Bulgarie) offre à moindres frais des perspectives autrement exaltantes, mais bon. 

C’est le festival de Cannes qui gagne à tous les coups.

La plus grande surprise du festivalier qui débarque de sa cambrousse, c’est d’abord de découvrir que c’est pas là que ça se passe. Trois hôtels parmi lesquels je me permets de recommandé le Magestic de la chaîne Barrière pour son rococo crémeux et la courtoisie de ses esclaves à condition que comme pour presque tous les festivaliers quelqu’un qui travaille payât la note à votre place ( En dessous de 500 € la nuit, y’a des places au parking ) 2 plages, un « bunker » et 100 mètres de boulevard humide, l’affaire est pliée. Le reste de Cannes se branle du festival de Cannes, c’est peu dire.

Seconde surprise et de qualité, Cannes possède une infrastructure de salles de cinéma comparable à celle de Vesoul à moins qu’un cinoche de Vesoul ait été repeint à mon insu. Ce n’est d’ailleurs pas grave. Hors la « Grande » projection du soir, seul un fort contingent de mémères indigènes hante les « projos » et voit ainsi récompensé une assiduité à empoisonner au long court les jours ouvrables du Maire. Il suffit de repérer des dames lustrées comme des portières de limousines qui aèrent des choucroutes laquées à 10 heure du matin. Deux autres nuisibles polluent encore de leur présence pléthorique les innombrables raouts, conférences de presse, brunchs, et autres rencards diurnes ou le débutant aime à manger pour pas cher : les attachés de presse ( valoches sous l’anticerne, look décontract travaillé et demi-douzaine d’accréditation avec cordonnets « super » en sautoir comme des saucisses primées ) et les « projets » : Une inextinguible cohorte de blaireaux « Sur des coups » qui ont néanmoins du temps de rabe et tiennent à t’en faire profiter.

Le festival, le vrai, se passe désormais comme chacun le sait dans les innombrables bateaux et bicoques pharaoniques que les prods à pépettes louent pour une pincée en vue d’y faire étalage de leur bonne santé financière. Il y est paradoxalement bien plus difficile de pénétrer de jour, on parle de choses sérieuses, de pognon, que la nuit.  

Le soir s’y tient en effet une flopée à défaut d’une débauche de « fêtes » sponsorisées comme un linéaire d’Auchan ou franchir les cordons de sécurité sans invitation est devenu un tel sport national que l’on soupçonne les autorités locales de l’entretenir en vue de refiler un coup de satin au rêve abîmé par les quotas de retour sur investissement et les caprices de stars remplacés par le « Caprice des Dieux »

Alors qu’est ce qui reste de la magie que j’ai eu l’honneur de m’entendre raconter par  Henri Jordaningo dont la pizzeria de Juan les Pins a vu défiler du linge, je te prie de croire, avant de devenir une pizzeria comme la tienne ( Gary Cooper et Henri Fonda s’en sont taillés par les poubelles pour échapper aux photographes ! ) ou par le fils Bessy ( Le Fabrice d’RTL dont le papa fut aussi celui du festival ) qui organisait au beau temps des « Visites médicales » de starlettes en mal d’accréditation dans les piaules des palaces locaux ?

Je vais te le dire.

 Il te reste de t’asseoir à la fraîche quand le violet descend sur ce bout de boulevard calmé à cette heure par l’interdiction à la circulation du vulgaire, et d’observer le ballet impeccable des limousines officielles et accréditées avec dossards comme les canards de Blondin, enlevant et livrant quelques pépites de satin noir et en couleur jusqu’au tapis de tous les mythes intacts le temps d’un flash, avec armée de photographes en smoking et fans comblés par l’attente, quand l’odeur d’embrocation se mêle aux effluves rares et que pour un instant, un instant seulement, tu t’offres à toi le luxe d’y croire aussi, et en somme de retrouver la foi.

18:47 Écrit par non mais sans blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.