10/05/2006

(pas si) BREF : En faon de saison

« Comment vivre après la disparition d’un enfant ? »

 

La question est si prégnante qu’elle interpelle même les parents encore embarrassés des leurs. En dépit de l’énorme travail d’investigation accompli dans ce domaine par Jean Luc Delarue, nombre de chapellesardentistes et de celluledecrisehistes se trouvent démunis fassent à la détresse des parents désemparés à la perspective de ce temps disponible qui les attend désormais. Une réponse facile consisterait à leur suggérer de consacrer ces RTT impromptus à en faire d’autres. Ce serait oublier comme faire des enfants peut être fatigant. Sans compter la longue période de sevrage ( Désormais portée à  35 ans facile ) avant que les têtards ne trouvent un semblant d’autonomie.

A l’évidence, la solution est ailleurs.

Deux propositions s’offrent aux parents dans la douleur.

Une solution « professionnelle » d’abord.

Devenir journaliste. Non seulement on peut vivre après la mort d’un enfant en étant journaliste, mais on peut même très bien en vivre. Il suffit de prendre quelques précautions et en premier lieu des précautions « Oratoires » Le journaliste en charge de « L’effroyable tragédie » prendra soin d’adopter un ton mesuré et même de parler à voix basse quand il se trouve seul avec son équipe, face caméra, plan moyen, col relevé, air sinistré d’une paella qui passe pas, en plein air devant l’église du patelin « Ou le drame s’est produit » afin de marquer d’une part sa solidarité tacite avec « Une population encore sous le choc » et d’autre part de donner à constater aux téléspectateurs que « l’envoyé spécial » est bien dans un vrai bled à cinglé meurtrier ou les drames se nouent, avec bois, forêts, rivière qui n’a pas rendu le corps et champs de maïs écrasés de soleil « Qui continue à briller en dépit de la tragédie présente dans tous les esprits » et tout le toutim et non pas à la plage à siroter des daiquiris avec des dorées sous cuisses. Le journaliste aura soin de veiller par ailleurs à ce que l’enfant concerné ne soit pas le sien afin d’éviter des commentaires déplaisants des enseignants et collatéraux du petit toujours prompts à reprocher aux parents une attitude irresponsable et des méthodes éducatives inadéquates.

            Une solution « amateur » enfin.

            C’est très simple et frappé au coin supérieur gauche du bon sens. Il suffit de savoir retourner le sort contraire pour en faire une opportunité sans précédent de s’abandonner corps, âmes, et bas morceaux aux activités dont les enfants sont Dieu merci traditionnellement exclus tel l’alcoolisme, la drogue, la zoophilie ou l’animation d’un comité local de « Désir d’avenir » en soutien à Ségolène Royal au bar.

            Bien sûr, ces palliatifs ne sauraient remplacer jamais la joie de se faire traiter de « Lourds » par une progéniture illettrée, hagarde et hirsute en recherche perpétuelle du canapé

disposant d’assez d’espace en dessous pour y stocker les nombreux cadavres de bouteilles de « Yop » qu’une soif inextinguible de savoir pourquoi ils sont dégueulasses les conduit à les y entreposer.

            N’empêche. Aucun psychologue mis à disposition de la population encore en état de choc au fond de la chapelle ardente ou le ministre en personne a tenu à se recueillir ne me contredira, ou alors, c’est que c’est un psy pas cher.

16:08 Écrit par non mais sans blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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